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La Belle et le Clochard

  • De Hamilton Luske, Clyde Geronimi, Wilfred Jackson
  • 1955
  • 1h16

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Catégorie : Amitié / Romance   Le sens de la vie  

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À partir de 7 ans

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Fiche rédigée par  Pauline Berra Avatar de Pauline Berra

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Synopsis

Une jeune et jolie chienne nommée Lady vit heureuse dans une belle et grande maison entourée de l'affection de ses maîtres, Jim et Darling, un jeune couple. Mais l'arrivée d'un nouveau-né dans la petite famille va quelque peu perturber le quotidien de Lady et son bonheur insouciant : elle n'est plus le centre d'attention de ses maîtres adorés. Le pire survient lorsqu'elle est chassée de la maison par l'horripilante tante Sarah et ses deux affreux chats siamois. Livrée à elle-même, elle fait la connaissance d'un chien errant, Clochard, qui la prend sous son aile. Il lui fait alors découvrir la vie d'un chien des rues et les joies d'une vie sans maître ni collier.

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L'avis de Benshi

La Belle et le Clochard fait partie de ces classiques d’animation Disney d’un autre siècle, devenus des références indétrônables, et possédant un charme désuet dans lequel on aime se replonger de temps en temps. Contrairement à ses précédents succès, Disney n'adapte pas une œuvre classique mais une courte nouvelle qui n'a pas encore été publiée. Une histoire toute simple, une histoire de chiens, auxquels Walt Disney dédie d’ailleurs le film à travers une jolie citation de Josh Billings, retranscrite ici juste pour le plaisir : « Dans toute l'histoire du monde, il y a une chose que l'on ne peut acheter avec de l'argent : l'affection d'un chien qui remue la queue ». Une pensée quelque peu philosophique dont le film, qui offre une vision de notre vie quotidienne à travers les yeux des chiens, s’avère imprégné. Etant considéré comme le meilleur ami de l'homme, le chien semble être tout indiqué pour le refléter.

À travers cette histoire de chiens, c'est en effet un regard sur notre société qui est porté, et certains de ses travers comme les inégalités sociales et les barrières que l’on dresse les uns contre les autres. Ainsi, il n’y a pas vraiment d’antagoniste principal qu’il faut vaincre pour résoudre l’histoire. Juste la vie, ses joies, ses déboires, ses épreuves, et ses moments magiques. Le film proposerait presque différentes façons de concevoir le bonheur et la liberté. Notamment à travers le personnage de Clochard qui préfère vivre dans la rue et être libre d'aller où bon lui semble plutôt que de vivre dans un foyer où il appartiendrait à des maîtres. La traduction « clochard » semble d’ailleurs en ce sens quelque peu erronée. En version originale, Clochard s’appelle « Tramp », ce qui signifie « vagabond », autrement dit « sans attache », « errant », « libre ». Ce qui n'exprime pas tout à fait la même chose que le terme « clochard » qui évoque davantage la misère et la mendicité.

D’un autre côté, le film nous propose également un récit initiatique à travers le parcours de Lady qui, jusque-là protégée et ignorante du monde extérieur, se heurte à une réalité parfois dure mais qui a aussi du bon puisqu’elle trouve l’amour. Lorsque les deux protagonistes tombent amoureux, le récit initiatique et philosophique se pare d’un certain romantisme, avec notamment cette scène de dégustation d’un plat de spaghettis, devenue mythique au point qu’elle a été mainte fois parodiée. Ces deux êtres qui s’aiment alors qu’ils ne sont pas du même monde est une jolie façon de dire que les sentiments prévalent, que les barrières (sociales, culturelles ou autre) n'existent que parce que nous les permettons, et qu'il suffit de peu pour les faire disparaître, comme partager un plat de spaghettis aux chandelles. 

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Pour quel public ?

Pour toute la famille et sans risque à partir de 5/6 ans. Même lorsque le film aborde des sujets difficiles comme la pauvreté ou la mort, il le fait avec une grande subtilité.

Bonnes raisons de voir le film

  • Pour (re)découvrir un classique des studios Disney
  • Pour la célébrissime scène du dîner en amoureux autour d'un plat de spaghettis
  • Pour l'hommage que rend le film au meilleur ami de l'homme
  • Pour la réflexion portée par le film sur les concepts de liberté et de bonheur

Infos complémentaires

Les tout premiers jets du script de La Belle et le Clochard remontent à bien avant sa production, à l’époque de Blanche-Neige et les sept nains, en 1937. Walt Disney prend connaissance d'une nouvelle de Ward Greene qui n’a encore jamais été publiée mais qu’il trouve très intéressante. Cependant, la nouvelle ne semble pas suffire pour établir le scénario d’un long métrage. Ward Greene remanie alors plusieurs fois son histoire afin de l'étoffer, et ce n'est qu'en 1953 que le script final, prend forme.

Dans la version originale du film, la chanteuse Peggy Lee prête sa voix à plusieurs personnages secondaires, dont Darling, la maîtresse de Lady, et Peg, la chienne de la fourrière qui chante une chanson dédiée à Clochard.

Toujours dans un souci perfectionniste de réaliste et de détails, les animateurs des studios Disney se servent de modèles vivants pour établir leurs dessins et animations. Pour La Belle et le Clochard, ils ne dérogent pas à la règle et utilisent même comme modèle pour Clochard un chien de la fourrière recueilli par l’un des scénaristes.

Pour aller plus loin

Parmi les chiens célèbres du cinéma, comment ne pas citer Gromit et l’inégalable duo qu’il forme avec son maître dans les Wallace et Gromit.

Les studios Disney ont souvent fait la part belle aux chiens en dehors de La Belle et le Clochard. On peut ainsi citer : Les 101 dalmatiens, Rox et Rouky, Oliver et compagnie ou encore Frankenweenie.

Dans un registre quelque peu similaire, on peut aussi citer Les Aristochats qui reprend plus ou moins la même trame que La belle et le clochard : des chats issus d’un milieu aisé découvrent le monde extérieur et rencontrent un chat de gouttière qui va les guider. Ici aussi on retrouve la rencontre de deux mondes opposés (deux classes sociales).

À travers Clochard (mais aussi O’Malley le chat de gouttière des Les Aristochats), on peut aborder la figure du vagabond au cinéma et découvrir d’autres représentations emblématiques de ce personnage, tel le Charlot de Charlie Chaplin (dans leur version originale, Charlot et Clochard s’appellent d’ailleurs tous les deux « Tramp » qui signifie « vagabond » en anglais).